" [...] Pour la plupart des gens, devenir une personne adulte c'est se corrompre, accorder de l'importance à l'argent et aux choses superficielles, dont il faut prendre bien soin : inverser son échelle de valeurs, vivre en fonction de tout sauf de soi et de ses vraies envies, subir un système et toutes ses contraintes arbitraires, quitte à vivre toute sa vie par défaut et vivre chaque jour avec le dégoût du jour présent, se marier avec telle personne parce qu'elle est en place, elle ! Entreprendre un cursus universitaire qui nous permettra de sucer tous les dirigeants et les grands décisionnaires de ce monde en tenant un discours parfait, empli de propos parfaits pour des victimes parfaites ; arrêter d'aller à l'essentiel, parler et parler le plus possible pour ne surtout pas entendre cette petite vérité grinçante, qui nous prend aux tripes à peine on y pense. Faites du bruit !! Tapez des mains de toutes vos forces ! Parlez fort dans le métro et dans la rue ! Riez aux éclats, au restaurant, au nez d'un couple qui dîne à la table voisine, venu ici pour le calme réputé de l'endroit. Soyez désagréables gratuitement avec les gens dans la rue, donnez l'impression d'avoir beaucoup d'assurance dans votre démarche, parce que tout le monde sait que c'est en fonction de la tenue et de la posture que nous jugeons une personne ! Lorsque quelqu'un parle d'un sujet dont vous ignorez totalement le sens, faites semblant de comprendre et rajoutez-en même ! Vous accordez tellement d'importance à la culture générale, et pensez qu'on vous juge en fonction de tout ce qui ne sert à rien, que vous préférez rester ignorant ! (pas très cohérent comme approche, mais bon !)
Essayez de posséder tout le superficiel dont vous vous foutiez éperdument auparavant, à l'époque où vous faisiez encore la part des chose. Cela vous permet de vous enfoncer encore plus et de vous noyer dans votre faux bonheur !
Subir des interventions policières injustes parce qu'on a peur du coup de matraque, élire un dirigeant pour ses qualités d'orateur et non pour ses idéaux, qu'il a abandonné depuis bien longtemps d'ailleurs ; faire croire à un enfant que le monde n'est pas si rose que ça, alors que la vie n'est ce qu'on veut qu'elle soit, mais comme nous-mêmes n'avons pas fait ce que nous voulions, on ne peut pas les voir vivre leurs propres rêves !
Le monde est devenu fou et tout le monde le sait, parce que tout le monde est fou.
L'humanité est une énorme trahison et tout le monde le sait, parce que tout le monde s'est trahi. [...] "